Les Assises de la Sécurité, rendez-vous incontournable des experts en cybersécurité, ont célébré leur 25ᵉ édition en 2025 à Monaco, avec pour thème « FuturS, la cybersécurité au service des métiers et de la création de valeur ». Dans un contexte européen délicat marqué par une explosion des risques géopolitiques et des menaces cyber, cet événement a mis en lumière la nécessité de dépasser la posture purement technique pour faire de la protection des données un réel levier stratégique. Au cœur des débats : la collaboration indispensable entre équipes sécurité et métiers, l’innovation pour contrer des cyberattaques toujours plus sophistiquées, et la montée en puissance de la réglementation européenne.
L’article en bref
Un bilan sans concession des Assises 2025 révèle les défis majeurs que doivent relever entreprises et acteurs de la cybersécurité face à un paysage numérique en pleine mutation.
- Cybersécurité et business : Sécurité alignée aux besoins métiers et à la création de valeur
- Adaptation face aux menaces : Innovation constante pour contrer des cyberattaques sophistiquées
- Réglementation renforcée : Nouvelles obligations européennes influencent la stratégie sécurité
- Capital humain : Urgence de former et fidéliser les talents en cybersécurité
Cet éclairage pratique invite les dirigeants à repenser la cybersécurité comme un levier clé pour la performance et la résilience.
Aligner la cybersécurité avec les missions et enjeux de l’entreprise
Les Assises de la Sécurité 2025 ont repris un constat simple mais souvent négligé : la cybersécurité doit cesser d’être un sujet cloisonné, réservé aux experts, pour devenir un véritable partenaire des métiers. Dans la vraie vie, cela signifie comprendre finement les besoins propres aux différents services de l’entreprise et intégrer la sécurité informatique dès la conception des processus et outils.
Ce positionnement se traduit par la nécessaire collaboration entre équipes cybersécurité et fonctions supports. Elles doivent s’allier pour anticiper les risques propres à chaque domaine, tout en ne freiné pas la productivité. Cette approche pragmatique transforme la protection des données en un avantage compétitif, favorisant la confiance des clients et la conformité réglementaire.
Des entreprises ayant adopté cette philosophie ont constaté une réduction notable des incidents liés à la gestion des incidents et un meilleur engagement des utilisateurs. Le défi reste de taille : intégrer la sécurité sans alourdir les démarches métier, un équilibre qui demande des retours d’expérience réguliers et une adaptabilité permanente.

Innover en continu pour contrer des cyberattaques de plus en plus sophistiquées
Les menaces cyber ne prennent pas de pause. Que ce soit à travers des ransomwares, des fraudes complexes ou les risques liés à l’intégration de l’intelligence artificielle, les attaques gagnent en créativité. D’où la nécessité d’une veille technologique active et d’une innovation constante dans les solutions de sécurité mises en place.
Sur le papier, oui, investir dans de nouveaux outils paraît évident, mais dans la pratique, toutes les technologies ne s’adaptent pas bien aux besoins spécifiques. Après plusieurs tests réalisés en PME comme en grandes entreprises, le constat est clair : les dispositifs doivent non seulement protéger, mais aussi faciliter et optimiser les flux métier. Cela passe souvent par des solutions cloud sécurisées, complétées par des outils comme des systèmes de détection de menaces ou la mise en place de audits réguliers de cybersécurité.
Le paradoxe que beaucoup négligent, c’est que dans la réalité, une technique très avancée peut devenir contre-productive si elle ne s’intègre pas facilement dans la culture d’entreprise. L’innovation doit donc s’accompagner d’un accompagnement humain fort, avec des formations régulières et des exercices de gestion de crise.
Un cadre réglementaire qui impose de nouvelles responsabilités
La cybersécurité d’entreprise évolue également sous la pression de la réglementation européenne. Tandis que la directive NIS2 marque un tournant, son déploiement effectif a pris du retard, notamment en France. En parallèle, le Cyber Resilience Act (CRA) s’impose à partir de 2026, renforçant les obligations des éditeurs et fournisseurs sur la sécurité des produits numériques.
Ces dispositifs renforcent la nécessité d’intégrer la sécurité dès la conception des solutions et de gérer activement les vulnérabilités. Cette double contrainte réglementaire pousse les entreprises à passer d’une posture défensive à une véritable stratégie proactive, à la fois technique et organisationnelle.
| Dispositif | Objectifs clés | Impact entreprise | Calendrier |
|---|---|---|---|
| NIS2 | Renforcement de la résilience des infrastructures critiques | Obligation de conformité et reporting de cyberincidents | En attente de mise en œuvre complète |
| Cyber Resilience Act | Responsabilité accrue des éditeurs pour sécurité produit | Gestion obligatoire des vulnérabilités et patching | Entrée en vigueur 2026-2027 |
| Révision Cybersecurity Act | Certification européenne unifiée pour prestataires cybersécurité | Cadre harmonisé des services et produits certifiés | À venir dans les prochaines années |
Le risque quantique : un horizon à anticiper dès aujourd’hui
Un autre volet important abordé aux Assises concerne le passage imminent à une ère post-quantique où les ordinateurs quantiques menacent de déchiffrer les algorithmes actuels de sécurité cryptographique. Les organisations commencent à évaluer dès aujourd’hui l’adoption de technologies résistantes, à l’image des solutions certifiées récemment par l’Anssi, telles que celles proposées par Thalès et Samsung.
Ignorer cette tendance revient à prendre un risque majeur, notamment pour les données nécessitant une confidentialité à long terme. Dès 2027, toute solution de sécurité déployée devra intégrer des formules cryptographiques compatibles avec la résistance quantique.
Faire émerger et retenir les talents : un enjeu humain clé
La cybersécurité ne se limite pas à la technique ; elle repose sur des équipes compétentes, motivées et bien formées. En pleine pénurie de profils spécialisés, les Assises ont souligné l’importance d’explorer de nouveaux viviers, parfois hors des sentiers académiques classiques, pour recruter des talents prêts à monter en compétence sur le terrain.
La transmission intergénérationnelle et la construction d’une culture collective sont également essentiels pour renforcer l’efficacité des équipes de cyberdéfense. Ce travail d’équipe prépare mieux à affronter un environnement où les risques cyber évoluent en permanence.
- Identifier des profils non conventionnels et favoriser la montée en compétences
- Favoriser la collaboration entre experts seniors et jeunes talents
- Mettre en place des formations continues adaptées aux évolutions technologiques
- Encourager les exercices de simulation et la gestion collaborative des incidents
Quel est le message central des Assises de la Sécurité 2025 ?
La cybersécurité doit être intégrée au cœur des métiers pour devenir un levier stratégique de création de valeur.
Pourquoi l’innovation est-elle cruciale en cybersécurité ?
Les menaces évoluent rapidement et nécessitent des solutions agiles qui protègent tout en facilitant les processus métier.
Quels sont les principaux changements réglementaires attendus ?
Le Cyber Resilience Act impose une responsabilité forte aux fournisseurs et introduit des exigences de gestion des vulnérabilités à partir de 2026.
Comment anticiper le risque lié à l’ordinateur quantique ?
En adoptant dès maintenant des solutions cryptographiques post-quantiques certifiées pour garantir la confidentialité à long terme.
Comment les entreprises peuvent-elles pallier la pénurie de talents ?
En recrutant hors des profils classiques, en formant continuellement leur personnel et en favorisant la transmission intergénérationnelle.




